Destination Nosy - Be

Tongasoa eto Madagasikara // Bienvenu à Madagascar

Madagascar, en malgache Madagasikara, pays insulaire situé dans l’océan Indien, séparé de la côte sud-est de l’Afrique par le canal du Mozambique, constitué de l’île de Madagascar et de plusieurs petites îles, dont celle de Nosy Be. Sa capitale est Antananarivo (aussi connue sous le nom de Tananarive).

Nosy Be

Nosy Be (ou Nossy Be), île de l’océan Indien, située au nord-ouest de Madagascar, république à laquelle elle est rattachée.

Distante de 8 km de Madagascar, Nosy Be s’étend sur 300 km2 dans le canal de Mozambique. D’origine volcanique, l’île, aux côtes très découpées, est peu élevée. Son point culminant est le mont Passot qui atteint 329 m d’altitude. Peuplée d’environ 30 000 habitants, elle a pour capitale Hellville, du nom de l’amiral qui commandait la flotte venue occuper l’île en 1840.

Contrôlée par les royaumes sakalava de Madagascar, puis placée sous protectorat français en 1840, Nosy Be est rattachée à Madagascar depuis 1896. Son économie est principalement tournée vers les cultures de plantation comme la canne à sucre, la vanille et le poivre, ainsi que le ylang-ylang (plante à parfum), favorisées par un climat équatorial soumis à la mousson (les précipitations annuelles sont supérieures à 2 000 mm). Le tourisme constitue une activité complémentaire.

Relief et hydrographie

Le pays couvre une superficie totale de 587 041 km² ; Madagascar est la quatrième île du monde par la superficie. Un plateau central montagneux de 800 à 1 200 m d’altitude — les Hautes Terres — domine l’île. Partiellement volcaniques, les montagnes s’élèvent jusqu’à 2 876 m au Maromokotro, dans le Tsaratanana au nord. La chaîne de l’Ankaratra, près de la ville d’Antananarivo, atteint 2 643 m d’altitude. À l’est, le terrain s’abaisse en pente raide vers une étroite bande côtière en bordure de l’océan Indien, tandis qu’à l’ouest, il décline doucement vers une plaine côtière plus large, bordant le canal de Mozambique. Les terres les plus fertiles se trouvent le long de la côte et dans les vallées fluviales du plateau central. La côte nord jusqu’au cap d’Ambre est très découpée (baie d’Antseranana). Cet aspect massif du relief et la complexité du système de drainage des eaux ne favorisent pas l’établissement de voies de communications.

Aucun des principaux fleuves et rivières de Madagascar n’est navigable, en raison de la forte déclivité du terrain. La ligne de partage des eaux est située dans les Hautes Terres orientales. La Betsiboka, la Tsiribihina, la Mangok et l’Onilahy coulent vers l’ouest pour se jeter dans le canal de Mozambique à travers des vallées fertiles. En revanche, les fleuves qui coulent vers l’océan Indien sont courts et rapides, dévalant souvent des Hautes Terres en cascades. Le lac le plus important est le lac Alaotra sur les hauteurs, à l’ouest de Toamasina.

Climat

La partie orientale de Madagascar reçoit beaucoup d’eau, apportée par les alizés (voir vent) humides venus du sud-est. La mousson du nord-est est à l’origine des pluies violentes et orageuses qui s’abattent l’été sur les massifs du nord ; les précipitations annuelles peuvent atteindre 3 050 mm. Le climat se tempère sur le plateau central, où les précipitations sont moins abondantes, les étés assez chauds et les hivers frais. Les régions arides du sud et du sud-ouest reçoivent moins de 380 mm par an. Le plus gros des pluies tombe entre novembre et avril. La chaleur règne toute l’année sur les régions côtières.

Végétation et faune

Séparée du continent africain depuis plus de 100 millions d’années, l’île de Madagascar a développé une faune et une flore uniques en leur genre, où le taux d’endémisme est extrêmement élevé : environ 85 p. 100 des espèces végétales et 90 p. 100 des espèces animales de Madagascar ne se rencontrent en effet dans aucune autre région du monde. La déforestation galopante, problème écologique majeur de l’île, menace l’exceptionnelle biodiversité de l’île, aussi bien végétale qu’animale — 80 p. 100 de la faune terrestre malgache est en effet inféodée au milieu forestier. L’Union mondiale pour la nature (UICN) recense, dans la Liste rouge des espèces menacées 2000, 143 espèces animales et 162 espèces végétales dans les catégories « gravement menacées d’extinction », « menacées » et « vulnérables ».

Végétation

La forêt ne couvre plus que 13 millions d'hectares (22,1 p. 100 de la superficie du pays). À l’exception des zones forestières du nord, il s’agit de formations secondaires (forêts primaires dégradées). La côte occidentale est en de nombreux points bordée de mangroves, présentes de façon sporadique sur les littoraux du nord-est et du sud-est. La savane prédomine dans les régions plus sèches de l’ouest et une végétation désertique à épineux couvre l’extrême sud-ouest du pays. L’érosion due au déboisement massif dans les Hautes Terres fait apparaître de profondes entailles dans un sol de latérite d’où la terre arable a quasiment disparu. La déforestation (imputable à l’abattage pour l’obtention de bois d’œuvre et de bois de chauffage et, dans le sud surtout, à la culture sur brûlis) est alarmante — selon les estimations, 128 000 à 300 000 hectares de forêts sont détruits chaque année.

La flore malgache, très diversifiée (entre 8 500 et 12 000 espèces selon les estimations), renferme notamment plus de 1 000 espèces d’orchidées, et 6 des 8 espèces connues de baobabs. L’arbre du voyageur et le flamboyant, aujourd’hui cultivés dans tout le monde tropical, sont originaires de la Grande Île.*

Faune

Invertébrés

La faune invertébrée malgache est estimée à plus de 100 000 espèces différentes. Les insectes, dont beaucoup restent probablement encore à découvrir, sont actuellement connus par plus de 850 espèces, dont la presque totalité est endémique de l’île. Parmi eux, les papillons rassemblent près de 400 espèces. C’est à Madagascar qu’on trouve l’un des papillons les plus rares du monde, le superbe papillon comète (Argema mittrei), d’une envergure de 15 cm.

Poissons

Les littoraux et récifs coralliens malgaches abritent une grande diversité marine. Parmi les nombreux poissons tropicaux, certains sont venimeux, tels les poissons-pierres ou la rascasse volante, typiques des eaux indo-pacifiques. Les requins sont très présents, avec notamment le requin taureau, le requin léopard, le requin de récif et le requin guitare.

Amphibiens et reptiles

Madagascar abrite un peu plus de 250 espèces de reptiles, endémiques à 95 p. 100. Cette faune reptilienne comprend notamment une soixantaine d’espèces de serpents (dont 3 espèces de boas), autant de geckos et une cinquantaine de caméléons, dont le caméléon nain (Brookesia minima) qui n’excède pas 3,5 cm de long. Le seul crocodilien présent dans l’île est le crocodile du Nil qui, très chassé, est devenu rare à l’état sauvage.

Les amphibiens (grenouilles et crapauds) sont représentés par environ 180 espèces, dont 98 p. 100 n’existent qu’à Madagascar.

Oiseaux et mammifères

On connaît à Madagascar environ 260 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles figurent le phaéton (ou paille-en-queue) à queue rouge. Les mammifères comptent, quant à eux, environ 150 espèces et sous-espèces. Il n’existe sur l’île ni félins ni singes. Les primates sont représentés par les célèbres lémuriens, tous menacés : citons l’aye-aye, l’indri, le maki ou catta — le plus répandu —, le chirogale et le microcèbe murin, l’un des plus petits primates du monde. Le fossa (qui se prononce « fouss » en malgache), ou civette de Madagascar, mammifère nocturne à l’allure de petit puma, est l’un des rares carnivores de l’île.

De juillet à octobre, les baleines à bosse viennent se reproduire non loin des côtes de l’île de Sainte-Marie, dans le nord de Madagascar, l’un des principaux sites mondiaux de reproduction de cette espèce.

Ressources minières

Le sous-sol recèle de la bauxite, du chrome, du nickel, du graphite, du minerai de fer, du charbon, du pétrole offshore et du cuivre.

POPULATION ET SOCIÉTÉ

Démographie

En 2007, la population était estimée à 19 448 815 habitants. La croissance démographique, assez élevée, atteignait un taux annuel de 3,01 p. 100 pour l’année 2007. La mortalité infantile s’élevait à 57 par. 1 000, et l’espérance de vie moyenne à la naissance ne dépassait pas 62 ans.

En 2007, la densité globale de population était de 33 habitants au km2, les Hautes Terres étant plus densément peuplées que les côtes.

Les principales communautés des plateaux sont les Merina, qui représentent le quart de la population, et leurs cousins les Betsileo. Les membres de ces deux groupes descendent essentiellement d’immigrants venus de Malaisie et d’Indonésie qui colonisèrent Madagascar par vagues successives il y a environ 2 000 ans. Les régions côtières sont habitées surtout par des populations métissées de Malais, d’Indonésiens, de Noirs africains et d’Arabes ; parmi ces groupes, citons les Betsimisaraka, les Sakalava, les Antaisaka , les Antondroy, les Mahafaly et les Vezo.

Langues et religions

Malgré la diversité du peuplement, une langue nationale s’est constituée : le malgache, d’origine malayo-indonésienne, est la langue officielle avec le français. Environ 41 p. 100 des Malgaches sont chrétiens (protestants et catholiques) ; près de 52 p. 100 ont conservé des croyances traditionnelles, africaines ou malayo-polynésiennes (comme l’exposition des morts) et 7 p. 100 sont musulmans.

Enseignement et institutions culturelles

Depuis 1976, les six premières années de scolarité sont obligatoires. En 2000, 66,5 p. 100 des Malgaches savaient lire et écrire ; presque tous les enfants de 6 à 11 ans fréquentaient l’école primaire et 14,3 p. 100 de ceux de 12 à 17 ans étaient inscrits dans le secondaire. En revanche, seulement 2 p. 100 des jeunes de la classe d’âge poursuivaient leurs études dans l’enseignement supérieur, l’université d’Antananarivo (1961) étant le principal établissement du troisième degré.

La capitale abrite les grandes institutions culturelles et les bibliothèques touchant à l’histoire et à la littérature : Bibliothèque nationale, bibliothèques de l’Université et de l’Académie malgaches. Le Musée historique et le musée d’Art et d’Archéologie de l’université, eux aussi à Antananarivo, sont les principaux musées et complètent les organismes de recherche sur l’histoire du pays.

Les émissions de la radio et de la télévision publiques sont diffusées par Radio-Télévision Malagasy et Radio Madagasikara, deux entreprises publiques. Les quotidiens les plus influents sont le Madagascar Tribune, contrôlé par le gouvernement, et le journal d’opposition Imongo Vaovao, tous deux édités à Antananarivo.

 Divisions administratives et villes principales

En 2005, seulement 27 p. 100 des Malgaches étaient citadins. Mais la population des villes augmente de manière cyclique : chaque crise économique dans les campagnes provoque un afflux de paysans qui retournent chez eux lorsque la situation s’est améliorée.

Antananarivo, la capitale, compte 1 689 000 habitants. Parmi les autres centres urbains importants figurent Toamasina (137 782 habitants), Mahajanga (106 780 habitants), Toleara (80 826 habitants) et Antseranana (59 040 habitants).

Institutions et vie politique

Madagascar est régi par la Constitution de 1992. Instaurant un régime de type semi-présidentiel, elle a succédé à la Constitution de 1975, dans laquelle le président, élu pour un mandat de sept ans au suffrage universel, possédait l’essentiel du pouvoir. Aux termes de la Constitution de 1992, révisée en 1995, le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République, qui est le chef de l’État. Celui-ci est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans et il est rééligible deux fois. Il nomme le Premier ministre, qui est le chef du gouvernement, ainsi que les autres membres du gouvernement, sur proposition de ce dernier. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement unicaméral, l’Assemblée nationale, dont les 160 députés sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans. Le gouvernement est collectivement responsable devant le Parlement. Le président de la République a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale.

Le pays connaît une grave crise politique à l’issue de l’élection présidentielle controversée de décembre 2001, où le président élu, Marc Ravalomanana, se voit contester sa victoire par le président sortant Didier Ratsiraka, à la tête du pays de 1976 à 1993 et depuis 1996. La bataille se conclut au printemps 2002, par une décision de la Haute Cour constitutionnelle qui désigne Marc Ravalomanana vainqueur avec 51,5 p. 100 des suffrages. Bouleversé par la nouvelle donne électorale, le paysage politique malgache, traditionnellement dominé par l’Arema (Avant-garde du renouveau de Madagascar) de Didier Ratsiraka, voit émerger en 2002 le TIM (Tiako i Madagasikara, « J’aime Madagascar »), ancienne association de soutien électoral du nouveau président transformée en parti politique à l’occasion des élections législatives de décembre 2002. Lors de l’élection présidentielle de décembre 2006, Marc Ravalomanana est réélu dès le premier tour du scrutin avec 54,79 p. 100 des suffrages, loin devant l’ancien président de l’Assemblée nationale, Jean Lahiniriko (11,65 p. 100 des voix), Roland Ratsiraka, neveu de Didier Ratsiraka (10,14 p. 100) des suffrages et le chef d'entreprise Herizo Razafimahaleo (9,03 p. 100).

ÉCONOMIE

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde. En 2004, le produit national brut (PNB) était de 5,19 milliards de dollars, soit un PNB par habitant de 290 dollars. Le programme économique socialiste entrepris à partir de 1975 sous la présidence de Didier Ratsiraka est abandonné au milieu des années 1990 et laisse la place à une politique de privatisation et de libéralisation menée sous la conduite du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ce changement de stratégie ne permet pas de véritable redressement de l’économie alors que le pays est fragilisé par des troubles sociaux et politiques et par une corruption endémique. La longue crise survenue à la suite de l’élection présidentielle de 2001 entraîne notamment une récession de l’activité industrielle atteignant 90 p. 100 dans certains secteurs. Avec l’arrivée au pouvoir de l’entrepreneur à succès Marc Ravalomanana en 2002 et la mise en œuvre une politique de réforme et de relance économique volontariste, soutenue par les institutions financières internationales, le pays renoue avec une croissance soutenue dès 2004. De grands chantiers publics sont lancés, en particulier dans la lutte contre la corruption, l’amélioration du réseau routier, de l’éducation et de la santé de base. En 2004, 72 p. 100 de la population malgache vivait sous le seuil de pauvreté.

Agriculture

L’économie malgache est essentiellement agricole : l’agriculture occupe 78 p. 100 (2002) de la population active et représente 27,9 p. 100 du PIB. Le relief montagneux et l’érosion dramatique des sols réduisent les surfaces cultivables à 5,1 p. 100 de la superficie totale. L’agriculture est également tributaire des conditions climatiques. En 1994, le cyclone Geralda a détruit une grande partie des cultures.

L’essentiel de la production est destiné à la consommation intérieure et l’autosuffisance est à peine atteinte. Les principales cultures sont le riz (3 030 000 t en 2005), le manioc (2 191 420 t), les haricots, le maïs (349 646 t), les patates douces (542 234 t), les pommes de terre (280 500 t) et le taro (200 000 t). Le café, les clous de girofle, la canne à sucre, le sisal, le tabac et la vanille (dont Madagascar est l’un des principaux producteurs au monde) sont destinés à l’exportation. Pays d’élevage, Madagascar possédait en 2005 un cheptel de 9,69 millions de bovins, 1,2 million de caprins et 1,6 million de porcs, qui restent dans le circuit national.

En 2005, l’exploitation forestière a produit 11,2 millions de m3 de bois, utilisé principalement pour la satisfaction des besoins locaux (bois de cuisson, de chauffe et pâte à papier). Des programmes de reforestation des Hautes Terres, les plus touchées par l’érosion, et de gestion écologique des zones exploitées ont été mis en place. Traditionnellement peu commercialisés, les produits de la pêche (137 701) — en particulier les crevettes — tendent à constituer une source de revenus d’exportation de plus en plus importante.


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